Manager, on vous aime !

Les « managers de l’âme » (belle expression de Valérie Brunel (2008)) sont apparus dès les années 90 avec Alain ÉRALY, « L’usage de la psychologie dans le management : l’inflation de la réflexivité professionnelle ». Être manager impose une capacité d’adaptation permanente à son environnement et aux évolutions de ses équipes : profils, générations, motivations. Apprendre à intégrer les outils des coachs dans les pratiques managériales apporte efficacité et agilité. L’accompagnement des collaborateurs dans le développement de leur autonomie et de leur potentiel devient clef pour la fonction.

Un monde plus complexe

La précarisation, la révolution digitale, la complexification des organisations ont eu raison du contrat social et créent un nouveau paradigme social et économique.

Dès les années 2000, Jacques Welsh démontre que le manager/leader est clef dans l’organisation moderne. Le leader fait en sorte que tous connaissent la vision, la vive et l’applique. Le leader instaure un climat de confiance par la franchise, la transparence et la reconnaissance des mérites de tous… »

La cohérence par le sens est indispensable pour organiser l’effort collectif car il cimente la mobilisation de tous, et articule efficacement les contributions de chacun à l’effort.

C’est cette vision qui favorisera l’engagement en levant certains comportements, freins passés au profit d’une organisation plus participative, focalisée sur des résultats servant le sens global.

 Et une vision qui prend ses racines dès le milieu du XX -ème siècle

D’une vision managériale de type « command and control » hiérarchique, proposée dès 1916 par Henri Fayol dans « administration industrielle et générale », impliquant un processus de décision lent, le management évolue vers une organisation en réseau liée à l’accélération digitale, à la complexification des échanges et à la perte de pouvoir via la « connaissance ».

Dès 1954 Peter Drucker affirme qu’au sein de la pyramide hiérarchique, le manager exprime le point de vue de ses collaborateurs le plus clairement possible, les contraintes avec lesquelles ils doivent composer pour faire leur travail, les obstacles qu’ils doivent surmonter et en même temps, avec son équipe, il doit rendre intelligibles les messages « d’en haut ».

Dans « La Vision écologique » : “Le management et les managers sont la ressource centrale, l’organe générique, distinctif et constitutif de la société… et la survie-même de la société dépend de la performance, la compétence, le sérieux et les valeurs de ses managers.”

Pour Mintzberg, le manager est aussi un agent de liaison. Le cadre est en quête permanente d’informations qui pourraient lui être utiles, il passe donc beaucoup de temps à construire un réseau autour de lui. Selon ss observations, il est surprenant de constater que les managers passent beaucoup plus de temps avec leurs pairs et d’autres personnes extérieures à leur organisation qu’avec leurs propres subordonnés et encore moins de temps avec leur hiérarchie.

Pourtant, comme sur le marché de la Data aujourd’hui, c’est la richesse et le volume des interactions (données) entre les individus qui priment, dans une économie complexe et instable (Le manager Global de Michel moral).

Le manager de demain est et restera essentiel dans les organisations.

Et pourtant, les investissements en accompagnement, en outils ne sont encore souvent que trop peu au niveau des enjeux et besoins actuels.

 

Lydie Dubernais- Team power

Illustration : H.Mintzberg, « Out the Manager’s Job », Sloan Management Rewiew, 1995